Conversion pastorale de la communauté Saint-Urbain, Sainte-Marie des Vallées

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Dimanche des témoins
16 mars 2018
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Conversion pastorale de la communauté Saint-Urbain, Sainte-Marie des Vallées

Le contexte (2018) :

2 paroisses jumelées du diocèse de Nanterre, une sur la Garenne-Colombes, l’autre sur Colombes, communes proches de la Défense au Nord de Paris et regroupant environ 40.000 habitants. Le Curé, l’abbé François Dedieu, est nommé depuis 2011, il a avec lui quatre prêtres (un retraité, deux étudiants et un vicaire), deux diacres et une Equipe d’Animation Pastorale.

Le processus de la conversion pastorale :

Principales étapes

–          Janvier 2013 : Décision de la mise en place du porte à porte

–          Mai 2013 : pèlerinage paroissial en Terre Sainte

–          Décembre 2014 : Grande mission paroissiale de neuf jours avec les reliques de Sainte Thérèse

–          2014 : cellules paroissiales d’évangélisation (ouverture à tous en 2015)

–          Pentecôte 2016 : 1ère Effusion de l’Esprit

–          Septembre 2017 : Lettre pastorale adressée à tous les paroissiens : « Croissez ! »

–          2017 : Groupe Alpha (1er parcours en 2018)

–          2017 : préparation d’un plan à 4 ans, sans se couper des appels de l’Esprit

La transformation pastorale s’est faite progressivement, sans plan formalisé au départ. C’est une action d’évangélisation, le porte à porte, qui a lancé le processus et a changé la physionomie de la paroisse. 12 volontaires ont tenté l’expérience en 2013, ils sont 75 actifs en 2018, en sachant que 140 paroissiens ont déjà participé à une ou plusieurs de ces missions. 5 missions d’évangélisation sont menées par an, avec un envoi deux par deux, soit en porte-à-porte, soit en mission de rue.

Le lancement des cellules paroissiales d’évangélisation a suivi très vite. La décision fut prise à Chartres au cours d’un pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté. Elle a été annoncée à l’équipe d’animation pastorale qui a soutenu le projet. On compte 17 cellules en 2018. Le premier groupe Alpha n’est venu qu’après, car il semblait nécessaire de disposer d’une structure d’accueil (les cellules) pour ceux qui souhaitaient poursuivre leur chemin après la fin de chaque cycle Alpha.

Depuis 2016, une session sur le renouvellement de l’effusion de l’Esprit a lieu à chaque Pentecôte, pendant la vigile, précédée d’une retraite. En 2018, 60 personnes ont participé à cette retraite et 150 à la vigile.

La vision pastorale s’appuie sur les cinq essentiels, cinq dynamiques de croissance pour les personnes, les groupes ou la communauté, cinq aspects essentiels de la vie chrétienne : l’adoration, la fraternité, la formation, le service et l’évangélisation. La croissance, thème de la lettre pastorale de 2017 (Croissez !) a deux dimensions : celle de la communauté, en nombre (c’est une demande et un don de Dieu), et celle des personnes, en sainteté. A son arrivée, l’abbé Dedieu avait développé sa vision en 5 thèmes qui correspondaient à ces cinq essentiels.

La conversion pastorale s’exprime aussi dans de nombreuses initiatives qui se développent au gré des charismes (voir le site Internet de la paroisse) et par une vie paroissiale rythmée par des temps forts : exposition de reliques, semaine de jeûne, semaine de mission, effusion et fêtes liturgiques bien sûr.  L’exposition de reliques, a lieu désormais tous les ans, elle procède de la volonté de vivre un temps fort un peu long – le temps d’une neuvaine – et de mener une action qui fédère l’ensemble paroissial : Saint Jean-Marie Vianney, Sainte Thérèse de Lisieux, Sainte Faustine ont circulé entre les deux églises en partant d’une chapelle du pôle. L’an prochain ce sera Sainte Marie-Madeleine. Ce temps est généralement l’occasion d’accueillir une communauté religieuse qui accompagne ces reliques et de découvrir leur engagement particulier dans l’Eglise.

La semaine de jeûne, pendant le carême, consiste en une distribution quotidienne d’un pain d’épeautre de 500g comme seule nourriture et d’un temps de prière ensemble tous les soirs. Elle se fait collectivement (85 et 35 volontaires en 2018 dans chacune des églises respectivement, sur deux semaines décalées) mais est menée de manière individuelle et se conclut par un dîner de rupture de jeûne en commun. Des moments de convivialité lors de ces temps forts participent à l’esprit de fraternité.

L’inspiration et les appuis :

Reconnaître en premier lieu l’action de l’Esprit-Saint comme source d’inspiration et guide (cf. infra conversion du pasteur).

L’idée du porte à porte est partie d’une rencontre amicale avec d’autres prêtres. Elle a été confiée dans la prière à une paroissienne malade qui a offert ses souffrances à cette intention puis lancée avec l’aide de la communauté paroissiale de Bougival. Après un enseignement, 12 binômes ont été constitués, un paroissien de Bougival et un de La Garenne-Colombes, et ils sont partis visiter les habitants à qui la visite avait été annoncée par un tract une semaine avant. Un souci de renouvellement est à l’œuvre, en 2017 Anuncio (www.anuncio.fr) est venu pour des missions de rue, en 2018 ce fut la communauté Aïn Karem (www.ainkarem.net) pour un autre type de mission d’évangélisation directe (avec un prédicateur s’adressant directement à la foule, monté sur un banc devant la gare du tramway).

De manière également très pratique, les cellules paroissiales d’évangélisation ont démarré après avoir pris contact avec le mouvement (http://www.cellules-evangelisation.org/) et être allés rencontrer des paroisses qui les avaient mises en oeuvre, jusqu’à Milan d’où l’initiative est partie.

Conditions de succès, obstacles, enseignements :

Conversion du pasteur. L’abbé Dedieu l’exprime ainsi : le Christ a donné sa vie pour nous tous, le curé en est-il persuadé, autrement dit, a-t-il la volonté de porter la parole sur l’ensemble du territoire de sa paroisse ? Il reçoit sa mission de manière hiérarchique, il lui reste à la recevoir de manière charismatique. Lui-même se retrouve dans l’itinéraire de Joël Guibert, Renaître d’en haut (librairie de l’Emmanuel). Sa conversion ne s’est pas faite de manière précise, mais en accompagnement de celle de la paroisse, à travers les différentes actions qui se sont développées. L’abbé a le sentiment de prier aujourd’hui « deux fois plus qu’il y a six ans ».

Il s’en suit que l’évangélisation, base et principe de la conversion pastorale, est la priorité : « faire connaître et aimer Jésus » en devenant des disciples missionnaires.

Prière et jeûne : pour bien considérer que c’est le Christ et son Esprit qui agissent et non pas nos initiatives, qui ne sont que des moyens, prières et jeûne sont essentiels : jeûne de carême déjà évoqué, adoration perpétuelle (48 heures en continu aujourd’hui), prières pour les vocations (Monastère invisible et Icône des vocations qui circule de famille en famille), école de prière (une journée de formation en 2018, plusieurs sessions de trois soirées les années précédentes), prière dans les cellules, mission Thérésienne (chaine de prière unissant 33 enfants)…

Stabilité du pasteur. Dans le diocèse de Nanterre, la nomination des prêtres est de six ans renouvelables en deux fois trois. Ce premier temps est insuffisant pour connaître la paroisse et conduire une action en profondeur. Dans sa septième année, après un renouvellement, l’abbé Dedieu estime qu’il y a encore beaucoup à faire.

Adhésion de l’EAP puis de la communauté : l’abbé a choisi une équipe d’animation pastorale (7 personnes en dehors du curé et du vicaire) constituée de personnes pouvant disposer d’un tiers de leur temps, donc retraités, sans activité professionnelle ou à temps partiel. Ils ont un mandat de trois ans renouvelable une fois. 3 sont salariés de la paroisse à temps partiel. Il les a choisis non pas pour représenter toutes les sensibilités, mais d’abord en fonction de leur vie chrétienne, du plaisir à collaborer ensemble, de leur disponibilité et de leur ouverture à l’ensemble des sensibilités. Les réunions se font un vendredi matin toutes les trois semaines (et non pas le soir après le boulot et les devoirs familiaux) et commencent par une demi-heure d’adoration. L’adhésion aux projets pastoraux ne pose ainsi pas de difficulté au sein d’une équipe soudée. Pour renforcer la cohésion, une session de 3-4 jours est prévue chaque année à la rentrée, mêlant matinées de travail et visites.

L’adhésion des paroissiens se fait par capillarité, en parlant des projets de manière individuelle et par les actions classiques de communication (homélies, affiches, tracts, annonces, site Internet) avec un responsable dédié. Participent à l’esprit de communauté des collations tout au long de l’année, plus ou moins élaborées selon les événements. Il y a toujours quelques personnes qui n’adhèrent à aucun projet nouveau et restent dans le « on a toujours fait comme ça ». Cela n’empêche pas à la paroisse de persévérer dans la conversion pastorale, en espérant qu’ils montent un jour dans le train qui avance.

Le Seigneur bouscule nos plans. Accepter les changements de cap, les remises en cause. Le copier-coller d’initiatives extérieures ne marche pas tel quel. Bien réfléchir au contexte et les adapter.

Les fruits :

Sans avoir d’équipe dédiée à l’accueil (c’est un sujet de réflexion), un certain nombre de témoignages  montrent que les différentes actions mises en place, notamment les cellules, agissent sur l’esprit fraternel de la communauté : un visiteur « on sent que vous êtes frères et que vous avez un père »,  des nouveaux arrivants (« on s’est tout de suite senti accueilli »). Cela n’exclut pas des invitations régulières à aller au-devant de ceux qu’on ne connait pas.

La croissance, en termes de fréquentation, se vérifie par différents indices. Le nombre de baptêmes (tous âges confondus) a augmenté de 33%, et celui des inscriptions au catéchisme des enfants de 10%. Le montant des quêtes, signe d’une plus grande présence d’adultes à l’église, a augmenté de 5 à 8% par an. La collecte des troncs, qui est plutôt un indice de visite dans l’église, a doublé en six ans. Le denier du culte (en montant, +70% en six ans) est plutôt interprété comme un indicateur de satisfaction. L’augmentation du nombre de donateurs (+5 à 10% par an ces dernières années) indique aussi une progression du nombre de paroissiens.

Au regard de ce qui s’est passé au cours des cinq dernières années, il apparait clairement un effet d’entraînement sur les charismes de la communauté par les différentes initiatives successivement mises en place, en partant d’une action d’évangélisation (le porte-à-porte). En poursuivant cet objectif d’évangélisation, la conversion pastorale est à l’œuvre !

Plus d’info :

Site : http://stusmv.diocese92.fr/

Contact : abbé François Dedieu, cure@stusmv.diocese92.fr

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