Synode sur la synodalité : consulter les pauvres et les exclus
10 janvier 2022
Tout voir

Formation à l’optimisation des homélies

Le concept (2022)

OBJECTIF :

Aider les prêtres, diacres et séminaristes à optimiser leur communication orale pour que la Parole de Dieu soit reçue et aimée par le plus grand nombre.

CONTEXTE :

Le service d’optimisation des homélies a été lancé sur le diocèse de Paris en 2007, puis s’est étendu sur d’autres diocèses, une quinzaine aujourd’hui. C’est un service d’Église, soutenu par la Conférence des évêques de France, qui travaille en lien avec le service national pour la Pastorale Liturgique et Sacramentelle. La formation, dispensée par des laïcs qui s’appuient sur une méthodologie au point, a pour objectif d’aider les prédicateurs sur la forme de leurs homélies (de la structure à la communication orale) et pas sur le fond. Pour beaucoup de paroissiens, c’est le seul moment où ils ont un enseignement sur la parole de Dieu. Elle s’adresse aussi bien aux clercs (prêtres, diacres, séminaristes) qu’aux laïcs (bénévoles engagés dans la pastorale des funérailles).

A Bordeaux, le service a été mis en place en 2018 à la suite du synode diocésain qui avait fait remonter que l’homélie était très importante pour les laïcs. La formation est dispensée par l’Institut Pey Berland, service de formation spirituelle, pastorale, biblique, théologique et universitaire du diocèse de Bordeaux.

A la paroisse de Bordeaux-Caudéran, le curé avait suivi la formation à Paris 5 ou 6 ans auparavant. Il a incité ses deux vicaires à la suivre à leur tour, prêt lui-même à la reprendre avec eux.

MISE EN PLACE :

Le père Jean-Michel Mathieu, un des deux vicaires, témoigne des résistances initiales, le calendrier n’était pas propice, pas le temps, etc. La motivation était pourtant là, il n’avait jamais eu de retour objectif sur ses homélies, ni pendant les offices, ni pendant sa formation. Le sujet est revenu périodiquement et ce qui a entraîné la décision a été le plaidoyer du responsable SOH de Bordeaux, Nicolas Dupuy, membre de la paroisse et le fait de le faire à plusieurs, avec ses deux confrères de la paroisse.

« Nous avons consacré quatre matinées à cette formation. Les premières fournissent quelques outils pour la préparation de l’homélie. La quatrième consiste à préparer une homélie en utilisant les éléments donnés.

Pour ma part, cette expérience m’a permis d’avoir un retour objectif sur la forme de mes prédications. C’était la première fois, depuis le début de mon ministère. J’avais eu quelques retours de paroissiens qui m’avaient aidé, mais ils n’ont pas été très nombreux. Ce fut l’occasion de m’écouter, car lors de chaque matinée nous prêchons devant l’équipe SOH et nos confrères, et nous sommes enregistrés. Les remarques sont parfois décapantes.

L’équipe SOH a toujours été bienveillante. Cela permet d’accueillir avec confiance les points d’amélioration d’une séance à l’autre. C’est, malgré tout, un exercice d’humilité. Sachant que ce ne sont que des outils, ils peuvent ne pas convenir à tous ».

LES FRUITS :

Le Père Mathieu constate « Les paroissiens ont senti un changement, ils ont spontanément exprimé un retour positif : on voit qu’il y a eu du travail de fait ».

« Voici deux points concrets auxquels je fais attention depuis cette session de formation. Tout d’abord, j’essaie de dire moins de choses, mais d’en dire une clairement. C’est un effort de se limiter, mais c’est aussi respecter ceux qui écoutent. La formation insiste sur un message central unique, l’unité thématique. Cela s’inscrit dans la droite ligne de la Joie de l’Evangile (EG 158) qui demande de : « faire en sorte que la prédication ait une unité thématique ». Un deuxième élément est l’annonce de mon cheminement de pensée. L’assemblée ne sait pas ce que le prédicateur va dire, il est important de baliser le chemin qui est proposé et les étapes qui seront suivies pour que tous se mettent à la suite de Jésus en tant que disciple missionnaire. » Il reconnait néanmoins la nécessité de rester vigilant, les vieux démons – tendance à lire son texte – pouvant revenir.

On trouve sur le site national du SOH de nombreux témoignages : « pour moi, il y a eu un avant et un après », « je ne pensais pas en avoir besoin, je pensais que cela se passait plutôt bien pour moi, mais finalement je me rencontre qu’après seulement quatre séances cela m’a apporté énormément », « cela m’a donné une nouvelle liberté », « j’ai mesuré les effets de manière quasi immédiate », « je sens mes paroissiens en possession de grain à moudre pour la semaine qui vient », « il ne suffit pas d’avoir raison il faut savoir convaincre », « il faut savoir rejoindre les paroissiens » etc.

En pratique

CATEGORIE(S) :  Liturgie

LIEU/DIOCESE : Paroisse de Bordeaux-Caudéran. Cette formation du diocèse de Bordeaux a lieu une à deux fois par an depuis 2018. Elle est pratiquée dans 14 autres diocèses.

DATE DE REALISATION :  2021 dans la paroisse de Bordeaux-Caudéran. Le service d’optimisation des homélies (SOH) existe en France depuis 2007 et a formé 1500 personnes.

MOYENS REQUIS

Humain : Une équipe de 5 à 6 bénévoles bienveillants et représentative du diocèse concerné. Cette équipe est formée au préalable à cette méthode et bénéficie ainsi de l’expérience cumulée de 15 ans.

Financier : Néant

Temps : 4 séances espacées de 15 jours plus un échange in situ quelques mois après

CONTACT/ RESSOURCES :

Site national : SOH – Service d’Optimisation des Homélies (sohcatho.org)

Information diocèse de Bordeaux : Des laïcs engagés pour accompagner les prêtres dans l’exercice de l’homélie — Diocèse de Bordeaux – Église catholique en Gironde

Contact du Père Mathieu : jeanmichelmathieu@cathocauderan.fr